NOUVEAU TURBO, PLUS DE PUISSANCE ET CAP SUR LA MAURITANIE

T’es encore là toi ? Bah ouais je suis encore là. On dirait même que ça surprend tout le monde que je sois encore là avec mon turbo. Bon pour être tout à fait franc avec toi, j’ai bien senti, ces derniers jours, au Maroc, qu’il avait un peu perdu de sa gouache infernale. Avant il sifflotait et poussait la chansonnette sans jamais se faire prier. Là, il avait du choper une bronchiolite. Du coup, à la journée de repos à Darkla, j’suis allé au marché au poisson et j’ai pris un turbo tout neuf. 50 dirhams le kilo, ça valait vraiment le coup.

Naaannn, je déconne! En fait, j’ai monté le turbo de rechange que j’avais emporté. Avec mes deux mécanos du Ténéré Spirit Expérience, on a fait la vidange, viré les crash bars SW Motech, débranché les alimentations en huile, viré la waste gate, nettoyé tout ça et sorti de sa caisse …. Le turbo tout neuf.

Bon, j’ai quand même inspecté le vieux (ne crois que je sois con,  ce que je vais te dire, je le savais) oui, il a un peu mangé le sable donc il s’essouffle un peu et sur consomme en essence. Mais j’avais prévu le coup. Donc turbo tout neuf. Et, comme j’ai déjà réussi la moitié de mon pari puisque nous venons de passer en Mauritanie, j’ai décidé d’enclencher  la vitesse supérieure.

Je te fais rapide (mais alors vraiment rapide) un petit cour technique. Le turbo est entrainé par les gaz d’échappement. Plus t’accélères, plus il tourne vite. Et plus la turbine accélère l’air frais qui file vers le moteur. Le seul souci, c’est que le gars turbo, c’est un psychopathe. Si tu le laisses faire, il souffle dans les bronches du moteur autant qu’il peut. Sans limite. Jusqu’à explosion des bronches.

Donc, le turbo, il faut lui mettre un garde fou, voire une camisole de force, laquelle s’appelle la waste gate: une soupape qui s’ouvre à une certaine pression et empêche une sur pression qui serait fatale au moteur. Avant, j’avais calé ça à 0,3 bars mais là pour la Mauritanie, j’ai passé le truc à 0,5 bars. Un réglage avec lequel j’ai déjà obtenu 111 chevaux au banc de puissance avant de partir. Pour une moto qui développe 74 chevaux au départ, ça commence faire quelques poneys en plus dans l’enclos..

Au démontage, j’ai remarqué que l’échappement semblait un peu riche. Alors, j’ai aussi réduit la pression au régulateur d’essence. Deux ou trois allers retours dans Dakhla m’ont convaincu que j’avais vu juste. Cette cure de jouvence est juste impressionnante. Premier, deuxième et troisième rapport en roue arrière. Désole pour le pneu arrière hein !

Je te vois pouffer de rire car oui, tu l’auras compris… je fais tout ça de façon empirique, sans rien y connaître et ça marche. Ne douter de rien, il paraît que c’est à ça qu’on reconnait les cons mais faut croire que pour eux aussi, parfois ça marche.

Maintenant, inch allah, reste plus qu’à ce que ça tienne pour le deuxième tiers de cette course. Mon but ? Réduire à néant, aplanir au niveau zéro de la mer toutes ces dunes qui nous attendent en Mauritanie. Tiens, d’ailleurs aujourd’hui, on a fait notre première spéciale en Mauritanie. C’est con hein mais ceux qui sont déjà venus mettent une pression hallucinante aux nouveaux venus. Les dunes, le sable moi, hyper mou, une chaleur infernale, des déserts immenses, les anciens en font des caisses. Résultat, tout le monde te pose des questions. C’est comment ? C’est vraiment infernal ? Moi, je réponds invariablement que c’est beau et ça, c’est vrai.

Bon la spéciale du jour était hyper rapide. D’ailleurs un peu comme depuis le début de ce rallye. On est dans la compétition pure et dure, le chrono, le classement. L’autre jour, on était une bonne vingtaine à faire la queue au camion essence quand arrive un type complètement paniqué et peu agacé. Il remonte tout le monde et me demande s’il peut me passer devant en m’expliquant qu’il avait eu plein de galères et qu’il voulait rattraper du temps.

Là, comme je reconnais pas l’un des leaders, je lui demande quelle place il occupe au classement. Il me répond: 38ème. ?!?!? Bon je veux pas être désagréable mais faire du rallye raid, c’est justement aller vite mais éviter les pièges et avoir le moins d’emmerdes. Et accepter quand on en a. C’est pas en roulant à fond comme un con ensuite, en voulant gratter tout le le monde au camion essence que ça va changer quelque chose. Tout ça pour passer 37è ? J’ai pas compris.

Cela dit, c’est vrai que cette année, l’Africa a pris du volume, de l’embonpoint, de la hauteur. Devant ça roule vite, bien, propre et la bagarre est acharnée. Milieu de peloton, ça a aussi pris de la vitesse. Résultat, derrière, nous les poireaux, on prend un peu plus cher que d’habitude. LEs voitures, les SSV et les camions te remontent assez rapidement (environ au km 150 sur 450) et te retournent le terrain. Ça promet pour la suite car demain on entre dans le vrai rallye. Ou dans le vrai tout court. Et ce pendant 4 jours d’affilée avec 450 bornes de spéciale à chaque fois. Des cordons de dunes (splendides), des défilés (magnifiques), des plateaux (désertiques à perte de vue) mais surtout, surtout, la course à la vitesse risque de gentiment s’effacer (en tous cas pour la queue de peloton) au profit de l’entraide, des coups de main et de la solidarité. Hâte de me faire de nouveaux amis.

AFRICA ECO RACE JOUR 2 EN PHOTO

Par |Publié le : 2 février 2026|2 Commentaires|

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2 Commentaires

  1. Sylvie 2 février 2026 à 19h09-Répondre

    c’est gentil de donner des détails mécaniques et concernant la course. bonne continuation.

  2. Dellenbach Jean-François 2 février 2026 à 18h48-Répondre

    Bravo Lolo 👍et si tu as des pilotes qui te demande comment est la Mauritanie tu leurs dits de te lire 👍 a une prochaine. T on monteur de bib au Lamas ( le Suisse)

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