
Il est temps que je fasse un stage moto …
C’est la phrase que je répète depuis des mois…enfin des années.
Mais oui, parce que des kilomètres à moto j’en ai fait beaucoup mais souvent en place passagère. Et en tant que pilote c’est vrai que lorsqu’on n’est pas très grande, on manque terriblement d’assurance sur la moto notamment sur du chemin de terre ou des sentiers. Et je te rassure (ou pas) ça ne concerne pas que les filles, pas que les petits , ça concerne tous les motards qui manquent d’exépérience !
Alors, c’est décidé je vais faire un stage de moto pour reprendre les bases et me sentir plus à l’aise sur du tout chemin.
Première étape, me débarrasser de Lolo, parce que c’est lui qui conduit habituellement.
Deuxième étape, avoir un équipement complet :
Botte : OK
Casque : OK
Gants : OK
Un pare pierre, plutôt qu’un airbag redoutant qu’il se déclenche à la moindre petite chute.
Comme l’idée n’est pas de rouler vite, le pare pierre me semble être idéal.
Face à toutes les excuses que je trouvais pour ne pas me lancer, mes fils Samuel et Jonas m’ont forcé la main en m’offrant, pour Noël, ZE stage ! Alors pas en anglais (même si j’en ai aussi besoin ) mais ZE stage de tout terrain chez Trail Attitude avec Yann Duprey, instructeur moto diplômé.
Direction la Bourgogne Franche Comté à la frontière du Morvan pour 2 jours de…de quoi je me le demande bien ?!
Mais, je t’ai pas dit quel allait être mon compagnon de route…
Même si Yann te propose des motos sur place, j’ai préféré venir avec une moto assez légère, une CRF 250 prêtée par Amaury, qui me permet tout juste de toucher le sol avec mes pieds. Presque rassurant !
Arrivée le vendredi soir dans le petit village d’Epinac, le stress monte : qu’est-ce que je fais là ? 10 mecs autour de la table :
« ah moi j’ai fait l’enduro du Touquet ! »,
« nous c’est la deuxième fois qu’on vient »
« Ah bon mais c’est pas un stage débutant ? », « si si »
L’angoisse monte, c’est par où la sortie ?!
Après une bonne très mauvaise nuit de sommeil, un petit dej avalé, une température
annoncée de 35 degrés, c’est l’heure du brief.
Yann, il a pris les choses en main.
Yann a dit, t’inquiète ça va bien se passer. Alors j’ai paniqué.
Yann a dit, fais corps avec ta moto. Je me suis dit que j’allais faire ce que je pouvais.
Yann a dit, quand il fallait se mettre debout, assis, tourné à gauche à droite
Yann a dit, règle tes leviers
Yann a dit, vérifie la pression des pneus…clef de 12 dans la main droite compresseur dans la main gauche …
Bon ça suffit à un moment, je suis pas venue faire un stage de mécanique.
A peine montée sur la moto, je m’aperçois qu’avec les bottes je ne touche pas le sélecteur.
Eddy, qui accompagne Yann sur ses stages, m’aide à régler mon sélecteur, enfin c’est plutôt moi qui le regarde faire parce que je sais pas faire.
Finalement pour une prochaine, le stage en mécanique ne serait pas une mauvaise idée.
Me voilà prête ! Le départ est donné, plus moyen de faire machine arrière.
Direction un terrain d’entrainement avec des différents ateliers :
Slalom, utilisation du frein arrière, du frein avant quand il faut (rarement)
Arrêt précipité en posant pied à droite…à gauche
Virage en épingle « lève le coude sors les fesses, le regard loin devant trèèèèèèèès loin »
Le thé anglais …ça tu comprendras quand tu iras faire le stage.
Tout va vite, tu oublies que tu stresses, tu oublies que tu as peur, je peux pas dire que je
prends confiance encore mais… tu t’aperçois qu’avec la bonne technique beaucoup de choses sont possibles !
Première mise en application en partant rouler sur du mono trace et là 1 ère gamelle ! Tout va bien, mais quand tu as 10 personnes derrière toi qui attendent, tu te poses pas de questions tu te relèves tu redresses la moto, enfin tu essaies, et là tu te dis que tu n’es pas prête de partir seule en road trip !
Midi sonne, on est parti se faire un petit resto typique du coin. Au menu, frites et bœuf bourguignon. Après ça, on aurait presque envie d’aller faire une sieste.
Voyant la situation lui échapper, Yann a repris les choses en main.
Yann a dit : « pas de sieste, tout le monde sur les motos, on repart rouler ».
On est tous remonté fissa sur les brèles, presque à contre cœur et oubliant pourquoi on était venu. C’est vrai qu’on était bien dans nos chaises à siroter une boisson fraiche.
Ce qui reste cool, malgré tout, c’est que Yann adapte le stage selon le niveau, la météo et l’envie du groupe.
Après une courte digestion, on est parti mettre en application tout ce qu’on a appris le matin sur des vrais chemins. La région est magnifique.
Je profite des paysages tout en essayant de penser à ce qu’on a vu le matin : « le regard », « lève le coude » « débraye », « coordonne ta prise de frein » … J’ai même mangé la terre comme on dit dans le milieu, enfin… je suis tombé. Lorsque tu as deux ornières devant toi, faut faire un choix et ne pas passer « à fond » au milieu des deux ornières.
C’est même bien de ralentir, voir s’arrêter pour prendre son temps. Je le saurai pour la prochaine fois.
Première journée enrichissante je rentre vraiment avec l’impression d’avoir pris confiance, d’avoir compris plein de choses, même si je n’arrive pas encore à tout mettre en pratique. Au moins, rouler sur une moto haute quand on n’est pas très grande (1.60m) ça n’est presque plus un obstacle, et ça, c’est déjà beaucoup.
JOUR 2
Après une nuit très orageuse, je me suis réjouie de trouver une excuse pour ne pas faire cette seconde journée. Mais au réveil, Yann il m’a pas trop laissé le choix et il a pas eu tord. Parfois faut se faire violence un peu.
Yann a (encore) dit de monter sur la moto. Voyant ma nonchalance, il a appliqué la technique du « débrouille toi, je n’existe pas ». Tu vas comprendre.
On est parti découvrir la région à travers les chemins avec pique-nique pour le dej et grimpette à moto pour les plus aguerris. On a presque fait que du chemin, c’est vraiment génial de pouvoir faire ça, en France. Pour conserver ce plaisir de faire de la moto dans le chemin Yann t’apprend 2 ou 3 règles de bienséance pour maintenir cette paix et ce respect entre toi, ta moto et les autres personnes que tu peux croiser sur les chemins. Je n’ai d’ailleurs pas eu trop le choix que de suivre tout le monde partout, et je ne regrette rien. À peine je rejoignais le groupe qui m’attendait à une intersection que Yann enclenchait la première pour repartir. C’est une façon de pas ma laisser le temps de dire ouf, le fameux « débrouille toi je n’existe pas ». Presque sans m’en rendre compte j’ai roulé toute la journée. Je suis quand même arrivée bien KO sur la fin mais tellement contente d’avoir oublié la peur pour prendre du plaisir et surtout d’avoir tellement appris en si peu de temps.
Bilan du week end
…Ultra positif ! Un super groupe joyeux et patient à mon égard. Sans leur bienveillance je pense que je n’aurai jamais été aussi « zen ». Sans la pédagogie la patience et la gentillesse de Yann et d’Eddy je n’aurai pas autant progressé. J’ai osé , j’ai surmonté mes appréhensions. Mon seul regret : ne pas avoir fait ce stage plus tôt. Alors les filles (et les garçons) lancez-vous faites un stage si vous manquez de confiance, ça n’implique pas l’obligation de faire du tout terrain tous les week-end mais on apprend vraiment des bases qui nous servent dans toute situation.
Bien sûr, les stages sont adaptés à chaque niveau, sur place tu peux louer une moto et loger dans un gite de Trail Attitude.
Un grand merci à Sam et Jonas pour ce cadeau. Merci aux participants du
stage pour leur bienveillance. Et merci et à Yann et Eddy pour leur patience et leur pédagogie.
Pour tout renseignement contacte Yann de Trail Attitude de notre part.
Si jamais toi aussi tu as fait un stage n’hésite pas à nous faire un commentaire !
















