9 heures pétantes, avec mon guide Slim, nous sommes prêts à quitter Shangri La. Derniers adieux à la troupe de Beng Beng. « Tchasi Deley Beng Beng » ! Merci, tous mes vœux de bonheur et de réussite, c’était vraiment top ce moment passé ensemble pour mieux comprendre le monde motard chinois.

On fait les pleins avant d’emprunter (pour un tout petit tronçon) l’autoroute. À la première aire de repos, Slim marque un arrêt. Plein d’attentions à mon égard, il tient absolument à ce que j’ai mon petit expresso du matin. Là, j’avoue que j’ai un peu de mal à te décrire ce que j’y découvre.

Un 4×4 de baroudeur avec la porte arrière ouverte laissant apparaître une immense machine à café. Tout autour, un décorum étonnant: planches de skate, une tonnelle avec des sièges bas pour s’asseoir et déguster un bon café avec vue sur le monastère de Gyeltang, plus grand monastère bouddhiste tibétain du Yunnan. Somptueux !

Le tout accompagné de morceaux de hard rock. Fringuée dans un pur style californien, la nana qui tient ce lieu éphémère,  tient à ce que je dédicace une fresque représentant ce qui est, à mes yeux, le plus étonnant des coffee stops jamais rencontrés. Je signe « merci » en chinois (谢谢 xiè xiè) et on se remet en route pour un gros morceau, car notre itinéraire passe aujourd’hui par un col à 4.600 mètres d’altitude.

Les routes sont toujours aussi bonnes mais la texture du revêtement semble avoir changé, ce qui s’explique, peut être et aussi, par un trafic routier beaucoup moins dense voire inexistant. Je trouve enfin la confiance dans le grip que je cherchais depuis le début. Dans ces enfilades de virages et d’épingles, la MTX1000 n’a qu’à bien se tenir.

Et elle se tient bien. Perso, je suis un pur fan de sa position de conduite orientée off road avec son très large guidon mais qui lui confère aussi cet assez aspect Supermotard. On domine le poste de pilotage et la moindre pression au guidon donne lieu à l’action attendue. La MTX 1000, c’est un peu « action/réaction », d’autant que le feeling du train de train avant est excellent avec une parfaite maîtrise et douceur des transferts de masse (les suspensions sont signées Kayaba, les freins Brembo). Et ce même sur les gros freinages.

Sur ce point, le tableau est aussi et quasi parfait avec une très grande douceur lorsqu’il le faut et une énorme puissance lorsque c’est nécessaire. Seul petit bémol, une garde au levier qui n’est pas toujours constante. Marrant la MTX me fait vraiment penser à cette sensation de maîtrise et de fun contrôlé que j’ai ressenti en essayant il y a fort longtemps la KTM 950 Supermoto mais avec beaucoup plus d’aspects pratiques et voyageurs.

Le moteur, un gros bicylindre parallèle de 946,2 cm3 de 111 chevaux et 10 mkg de couple, s’avère à mon sens être un choix judicieux pour l’entrée de CFMoto dans le monde des gros cubes. Toujours très doux dans ses réactions, parfaitement maîtrisable, et rageur juste ce qu’il faut en haut. De 2.500 tours à 5.000 tr/min, on est dans ce que l’on est en droit d’attendre d’un Twin 1000 moderne. Douceur, couple offrant de bonnes reprises.

À 6.000, la MTX renforce sa sonorité pour basculer dans le monde du sport avec des montées franches en régimes jusqu’à 9.500. Convaincant mais jamais débordant, un style qui me va à merveille car je t’avoue qu’hormis de rares moments je reste plutôt sage sur route. Je préfère un style « enroulé soutenu et efficace » plutôt qu’une conduite sauvage et heurtée haut dans les tours ;-). Et à ce jeu, elle est parfaite avec un excellent contrôle à la poignée de gaz secondé par une bonne boîte de vitesse et un shifter efficace. La MTX1000 ne fait pas partie de ces motos surpuissantes déguisées en maxi trails et c’est vraiment ce que j’apprécie en elle. Un tempérament qui se marie parfaitement avec les Dunlop STR Scorpion typés 60%route, 40% off-road.

Avec ses 199 kilos à sec, le châssis de la MTX est lui aussi orienté vers la facilité de prise en main et l’efficacité. Elle a beau être équipée comme une voyageuse, elle est hyper agile, prévisible et saine. Un seul bémol à mon goût, une selle un peu dure et qui te pousse un peu vers l’avant, j’en reviens à mon regret de ne pas avoir dessus la selle haute. Peut-être plus confort également, la question reste posée.

Nous venons de dépasser les 4.000 mètres d’altitude et les conditions de route se dégradent. D’immenses blocs de pierre jonchent régulièrement le bitume un peu partout. Une voiture vient d’en faire les frais, pneu éclaté. À 4.600 mètres d’altitude, nous plongeons dans tunnel lui-même plongé dans le noir. Impossible de voir au dernier moment un immense dos d’âne formé par un amas de glace. L’avant passe, les suspensions encaissent, l’arrière se met en travers mais la moto finit par revenir en ligne … chaud !

Côté équipements, la MTX n’est pas en reste. Gros réservoir de 22,5 litres dont j’ai déjà pu tester l’autonomie supérieure à 450 kilomètres alors qu’il me restait encore 1,5 litres. Poignées et selle chauffantes (super agréable à cette altitude), témoin de pression des pneus, régulateur de vitesse, sabot moteur, pare mains. Mais aussi très bonne protection grâce à sa bulle réglable, énorme écran TFT de 8 pouces disposé à la verticale dont je trouve qu’il n’est pas toujours super intuitif pour en explorer toutes les fonctionnalités et les modes de conduite. Chose top ici en Chine, quand on bascule en mode off road, traction Control et ABS restent désactivés même lorsqu’on coupe et rallume le contact. Reste plus qu’à tester ses réelles aptitudes en off road mais ça se sera pour un peu plus tard.

Pour l’instant, nous resdescendons aux alentours des 4.000 mètres dans une vallée qui longe une rivière. Là encore, les nombreux éboulis et travaux rendent compte de l’extrême rudesse du climat et des difficultés d’entretenir le réseau routier. L’anticipation, l’agilité et la prudence y sont essentiels. 16h30, nous rejoignons Yading surnommée « dernière terre pure sur la planète bleue » avec ses trois sommets sacrés bouddhistes (Xiannari, Yangmaiyong, Xianuojiduo) dépassant 6 000 m. Difficile de rester insensible à un tel story telling non ?

LA CHINE EN CF MOTO

Par |Publié le : 24 avril 2026|0 Commentaire|

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