En 14 jours, grâce au réseau BMW Rent à Ride, j’ai décidé de me frotter à 7 modèles de la gamme BMW. Histoire de savoir si la moto idéale existait … ou pas !!!

Ne me demande pas pourquoi mais après 40 ans de permis moto, j’ai jeté mon dévolu sur la « petite »450 GS. Sans doute mon goût pour le bizarre, les challenges et le décalage. Avec elle, je voulais faire de grandes choses. De grandes choses comme … partir à l’assaut de la route des Grandes Alpes.

Seulement voilà. Cols encore fermés, avis de vents forts, de pluie, bah j’ai dû renoncer. Non pas du fait de mon frêle esquif dans la tempête car ça, ça m’aurait fait marrer. Mais c’est juste que je t’aurai ramené des images de m…. pour la vidéo.

Alors, j’ai pris la direction des Cévennes pourtant connues pour leurs épisodes mais épargnées pour cette fois. J’ai d’abord pris un petit bout d’autoroute. Avec ‘ses trois files, c’était grand. Mais est-ce que la petite 450 GS s’y est-elle sentie à l’étroit ?

Certes à 130 km/h le Twin évolue à 7.200 tr/min soit à 1800 de la zone rouge et vibre un peu plus dans les guidons et la selle depuis les 120 km/h mais la 450 y tient toute sa place. D’une part parce qu’avec un 166 km/h maxi relevé au compteur (9000 tr/min) sur autoroute allemande (serviteur oblige!), elle a encore sacrément de la ressource.

D’autre part parce que le petit saute vent fait super étonnament bien le taf et que la place à bord est carrément correcte, avec une selle large et des jambes très à l’aise pour mon mètre soixante seize.  Hop un petit coup de poignées chauffantes avant de sortir du côté de Montélimar et d’attaquer une route plus viroleuse en direction de la Corniche des Cévennes.

Et là s’ouvrent plusieurs mondes. Au départ, je m’étais dit, on va scinder les choses en deux. L’idée d’une première petite moto pour débuter. Et l’idée (un peu plus tard quand on est plus grand et plus « vieux ») d’une deuxième moto plus légère et facile que la « principale » pour kiffer sans risque dans les petits chemins.

Mais en fait je me suis aperçu d’un truc c’est que, plus t’es jeune, plus tu rêves d’une grande moto. Et à l’inverse plus t’es grand, et on va dire vieux, plus les petites motos te font marrer. Ça permet de ralentir le rythme de rouler sans se stresser et d’apprécier le paysage …heu en fait, pas vraiment non. La vérité c’est davantage: « plus c’est petit et facile, plus t’as envie de faire le con ».

La route de Anduze à Florac m’ouvre directe la porte de ma connerie. Avec ses 35 Kw, son poids de 180 kilos avec les pleins, la petite 450 est une véritable Moto3. Agile, hyper précise, facile à corriger d’une pichenette sur le guidon et super bien secondée par de bonnes suspensions et un freinage juste excellent (si l’on excepte un peu trop de mordant à basse allure). Sans jamais déhancher, la 450 GS se jette dans les virages sans peur ni reproche, et se cale avec confiance dans chaque courbe. Je ne connaissais pas les pneus Maxxis Maxxplore mais mention spéciale sur le sec.

Un rythme enjoué parfaitement complété par le twin qui aime être mené à la cravache jusqu’à la zone rouge. Franchement, hormis l’ABS qui se déclenche un peu tôt sur des freinages en descente, l’ensemble est rigolo et rassurant à souhait. Et bien sûr, hormis, les relances en sortie de courbe, j’aurais bien du mal à vous dire si je serai allé plus vite en courbe avec une plus grosse moto. Imaginez également que, quel que soit le rythme adopté, la consommation moyenne s’est établie aux alentours des 4,3 litres aux 100!

Allez, on se calme un peu pour découvrir d’autres aspects de cette 450. Petit détour par le Moulin du Temps, sublime endroit au pied du Gardon, La salle Prunet et sa petite auberge Cévenole que je te conseille vivement, l’auberge du Chanet (60 euros chambre + repas + petit dej pantagruélique), Saint Enimie, le lac d’Issarlès, la ferme de Rasasse où j’y ai vécue l’une de mes plus mémorables concentrations, la route des Sucs avec le Mont Gerbier de Jonc, le Mont Mézenc… à aucun moment je n’ai vu le temps passer. Ni me suis ennuyé.

Pourtant, je te jure que je l’ai eue à l’oeil la petite. Je ne l’ai pas lâchée, je l’ai surveillée en permanence. Et bien, en ralentissant le rythme, on pourra lui reprocher une seule chose. Son twin qui a tendance à cogner si on le laisse tomber sous les 2.500 tr/min. Ça tombe bien, puisque naturellement, on en vient à utiliser une plage allant de 3.000 à 5.500 tr/min maxi. Dans une sonorité agréable et un contrôle absolu, le moteur vous propulse avec allégresse d’un virage à l’autre. Le shifter est incroyablement efficace et doux à la montée comme à la descente. C’est fou, cette moto me fait penser à la CB500 à ses débuts. On peut passer dix heures à son guidon, en faisant varier son humeur de pilotage, sans jamais ressentir aucune fatigue et avec la banane.

D’ailleurs, cette moto me fait réaliser une chose importante. Avant, les petites cylindrées restaient … de petites cylindrées et pouvaient manquer de peps moteur. Comme la CRF 250 un peu à la peine en montagne. Et beaucoup d’autres motos conçues pour des marchés où les petites cylindrées suscitaient plus d’intérêt. Mais là, l’arrivée de ces bicylindres 450 performants rebat très sérieusement les cartes. Au point de me demander si, face à une plus grosse moto, il m’a manqué quelque chose ?

Une démultiplication un peu plus longue sur autoroute pour soulage ke rythme moteur. Un tout petit peu plus de place à bord pour loger mon sac sur la place passager, sinon … rien. Je m’avance peut-être un peu trop avant d’avoir essayé les 6 autres motos mais cette 450 est sans doute LA plus grosse surprise de cette road trip. Celle qui fera le plus réfléchir, se poser le plus de questions, hésiter au moment de choisir. Ha si, j’allais oublié, il m’a manqué l’acceptation des autres.

Oui, histoire de ne pas rouler seul, j’ai bien essayé de m’infiltrer dans un groupe de motards en Ducati V4, Africa Twin, j’ai reçu un accueil mitigé avec ma 450. Du coup, sans leur approbation, appareil vidéo et trépied en bandoulière, je leur ai filé le train et ai allègrement déboîte l’un d’entre eux. Finalement, le plus gros du chemin à parcourir avec cette 450, sera de faire comprendre et accepter qu’il s’agit d’une vraie moto. Allez, je te laisse, après 1.000 bornes sur la 450, je passe à la F900XR pour savoir si une « vraie grosse » moto faisait tout aussi bien le taf. Et si, à son guidon, on pouvait hésiter avec d’autres styles de motos ? Supermot’. ? Sportive ? Maxi Trail qui resterait sur la route ? Beaucoup de questions à résoudre du côte des Alpes Maritimes.

ESSAI BMW 450 GS – LES PHOTOS

Par |Publié le : 10 mai 2026|6 Commentaires|

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6 Commentaires

  1. Remy 13 mai 2026 à 8h21-Répondre

    merci pour cet essaie.j ai 50 ans motard depuis toujours et je reviens toujours à mon 690 duke r.
    bon j ai aussi un tuono v4.
    pas encore assez vieux pour assumer qu on fait plus les cons avec des petites!mais ça va venir!
    merci!

  2. GRILLET 12 mai 2026 à 14h35-Répondre

    Bravo pour votre analyse mais depuis mes 18 ans avec le permis moto en poche j’ai roulé avec une motobécane 175 cm3 et à la recherche d’une moto plus puissante j’ai acheté une CB450 Honda. Des motos basses légère avec lesquelles en 3 ans j’ai parcouru plus de cent cinquante mille kilomètres.
    Aujourd’hui à 75 ans je roule avec une Suzuki GSXR 1000 et une BMW 1250 GSA.
    Depuis quelques années déjà nous avons un choix énorme de modèles et de mon expérience je suis convaincu qu’il y a des motos fantastiques dans chaque catégorie de cylindrées.
    Merci encore pour vos reportages qui confirment que ce ne sont pas forcément les plus grosses ou les plus puissantes qui nous donnent du plaisir.

  3. Cédric Joubert 12 mai 2026 à 8h38-Répondre

    Elle m’ énerve tellement cette bécane! En version rallye avec les jantes à rayon, top! Comme beaucoup, je pourrais avoir 10 motos dans le garage que je continuerai à en regarder une onzième…. Et puis la R12 G/S, ah lala….

  4. Vasic 12 mai 2026 à 8h08-Répondre

    Bonjour Laurent et merci pour cet essai pertinent.
    J aurais aimé avoir votre avis sur la version avec embrayage e-clutch, pour savoir si en ville a très bas régime, le patinage controlé permet de combler le manque de souplesse moteur sous 2500tr/min. Peut-être lors d’un prochain essai ?

  5. Philippe 11 mai 2026 à 21h12-Répondre

    toujours aussi sympa de te lire. merci Lolo

  6. Laurent Cuny 11 mai 2026 à 20h13-Répondre

    Salut Laurent. Tu me donne l’eau à la bouche d’une moto commandée en janvier que je ne pourrai enfourcher que fin juillet. Merci Bmw… Je ferai les Cévennes en automne du coup…Ton commentaire est juste puisqu’approchant la soixantaine j’ai décidé de baisser les cm3 de ma moto. À te lire je ne me suis visiblement pas trompé. Merci pour cet essai Lolo

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