
Paris – Nordkapp – 6.000 km en autonomie
Ce qu’il y a de bien avec le Paris Nordkapp, c’est que personne ne savait à quoi s’attendre. Et que, comme toutes les premières, il fallait en être. Je ne vais rien t’apprendre: aussi belle soit la destination , ce n’est pas elle qui compte mais le voyage qui y conduit. On va quand même même y ajouter l’importance de la monture et de sa préparation.
Je ne vais pas te cacher qu’en voyant débarquer certaines motos chargées jusqu’au « plafond », j’ai eu comme un doute. Oui, on a dit 6.500 kilomètres en autonomie mais on n’a pas non plus dit 6.500 kilomètres comme à la maison.
Alors que fallait-il pour réussir ce Paris Nordkapp?
• 1. Avoir envie de bouffer de la borne à moto. Jusqu’à l’écœurement. 500 bornes par jour avec certaines journées à 100% off road sauf pour la catégorie explorer. Non ce Paris Nordkapp ne s’adressait pas à monsieur tout le monde et n’était pas une » grosse Cocoricorando » car il demandait un minimum de savoir faire dans le sable et dans la boue avec un maxi trail chargé. Autre chose, si tu es en panne, personne ne viendra te chercher. Si tu te blesses, tu devras t’organiser toi même. La promesse est rude mais responsabilisante et alléchante.
• 2. Il fallait savoir rationaliser au maximum son chargement. Renoncer à un maximum de choses avant de partir. Ce que j’ai fait moi? Disons que j’ai préparé mes affaires dans l’idéal pour les mettre devant les toutes nouvelles sacoches sans armatures SW Motech. À partir de là, j’ai bien compris de tout ne logerait pas et j’ai commencé à faire le tri. Ce que j’ai le plus mis devant côté ? Des fringues de rechange. Je n’en suis pas mort, les autres peut être …ce concept de bagages ultra compact t’oblige à viser et voir juste. Je te ferai le détail de mon set up dans un prochain post ;-)
• 3. Il fallait aussi choisir la bonne monture. Aussi bonnes soient elles, les grosses 1000, 1300 sont à proscrire. Trop lourdes et parfois pas adaptées côté choix de pneumatiques pour les petites roues avant ! Les 450 Rallye? J’aurais pas aimé faire les liaisons sur ces poutrelles en acier mais chapeau et respect à ceux qui avaient fait ce choix. Alors ? Bah alors, un trail mid size, c’est juste fait exactement pour ça. Et à ce sujet, la T7 World Raid 2026 m’a juste bluffé. Sincèrement, malgré son double réservoir de 23 litres (dont le centre de gravité a été abaissé), je n’ai pas eu l’impression de piloter une plus grosse moto que ma T7 rallye 2025. La qualité des nouvelles suspensions m’ont juste bluffé tout comme les possibilités de gérer le traction Control et la glisse. Ajoutes y une autonomie de 500 km, une disponibilité moteur énorme, une résistance à toute épreuve et tu as l’arme idéale.
• 4. Choisis de bons pneus. Bannis les pneus mixtes, c’est la chute assurée avec autant de poids et de bagages dans le gras. Choisis surtout à l’avant, un pneu acéré de type cross country. Ok, à mi parcours, il aura une sale tronche mais un service pneus était là pour nous permettre de passer en balles neuves. Ce choix m’a également permis de partir sans crash bars. Pari gagné puisque, en dehors de la chute dans le gué, je n’ai connu aucune chute en 6.500 km … pour le pneu arrière, malgré un choix tres orienté tout terrain, il aurait supporté le retour.
• 5. Cinquièmement, que faut-il pour réussir le Paris Nordkapp? Là, on touche au cœur du sujet. À savoir lâche ta carte bleue, ton appli booking pour ne plus compter que sur l’imprévu et l’improvisation. Ne réserve aucun hôtel à l’avance, c’est le début de l’ennui. Le début de longues journées à attendre l’arrivée et à surtout ne pas rater l’heure du dîner. Le lâcher prise était LA clé du succès de ce Paris Nordkapp. On te donne une trace GPX, ou un road book mais ce n’est qu’un outil. Le plus important reste ce que tu en fais. Tu peux donner une boîte de Playmobil à un gosse, s’il ne se met pas à créer les histoires qui vont autour il ne se passera rien. Bref, ce n’est pas avec une belle moto et une belle trace GPX que l’aventure viendra à toi !
• 6. Pour lâcher prise, il fallait sortir du mode compétition. Ne pas regarder l’heure d’ouverture des barrières horaires mais plutôt l’heure limite pour leur fermeture ! À partir de la, tu avais le temps d’être en retard sur ton horaire prévu d’arrivée ! De faire des photos, des vidéos, d’incroyables rencontres. Oui je suis arrivé plus tard que beaucoup mais alors qu’est ce que j’ai vécu comme aventures et comme rencontres.
• 7. Le Cap Nord, c’est la cinquième fois que j’y viens. Pourtant je peux te dire que j’ai littéralement kiffé cette nouvelle aventure. Passer un bivouac avec Eric et Thierry au fond des immenses forêts polonaises. Qu’il m’offrent une tasse en fer pour boire un coup car même ça j’y avais renoncé, faute de place. Tout comme le petit café du matin. Merci les gars. Passer une nuit dans un camping en bord de lac en Suède à refaire notre vision de l’aventure à plusieurs. Passer deux heures à tenter de dépanner Dominique et sa Dominator en rade d’allumage. J’ai kiffé filer ma seule chambre à air de 18 a un autre type qui en avait besoin. C’était pas le début du manque ni de la galère, juste le fait de croire un peu plus fort qu’un autre type fera la même pour toi.
• 8. J’ai kiffé laisser s’acharner cinq mecs sur ma T7 pour la refaire redémarrer après qu’elle a bu la tasse. J’ai kiffé, sous des trombes d’eau et des millions de moustiques qui m’assaillaient vers minuit, planter ma tente sous la pluie à la frontière finlandaise et me dire: « après tout, est-ce bien grave? ».NON.
• 9. Sur ce Paris Nordkapp, j’ai croisé un paquet de mecs qui conçoivent la moto comme moi: roule et on verra bien. Sans problème, il n’y a pas de solution à trouver … franchement, je ne connais aucune autre « épreuve » qui réunisse autant de passionnés de ce qui fait le sel de la moto: l’aventure, l’imprévu
Alors voilà, maintenant, tu sais ce qu’est le Paris Nordkapp. Il correspond exactement à ce que j’aurais moi même aimé créer. Pas un truc de warrior avec des gros muscles pour des épreuves insurmontables, juste une belle aventure faite de surprises et de rebondissements ! Une parenthèse qui te fait tout oublier. On s’y voit en 2027 ?

















Toujours aussi bien raconté !! Franchement, j’ai tellement hâte d’y être l’année prochaine avec mon coéquipier ! On espère vraiment que tu seras là aussi, histoire de se raconter plein de trucs, de rouler un peu sur la piste ensemble, et même de bivouaquer avec plein de moustiques. Si ça arrive, ça voudra dire qu’on est super bien partis pour aller jusqu’au bout ! 🙂
salut Laurent, je n’imagine même pas le temps que tu passes à monter tout ça en plus du roulage !
chapeau l’artiste !! 👏
Moi je suis arrivé à Nordkapp de mon côté 4700 km par la route, mais finalement je ne regrette pas, je n’avais pas le niveau pour le 100% off Road, mais l’année prochaine j’espère bien être au top, j’ai un an pour me préparer.
bon peut être à tout à l’heure,il paraît que vous arrivez ce soir, je pensais que c’était pour le dimanche 12!!