
« Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera »
« Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera ». Va savoir pourquoi, quand j’étais ado, j’avais tenté de lire ce pensum d’Alain Peyrefitte.
Illisible et incompréhensible à cet âge mais … le titre et la couverture me fascinaient tout autant qu’ils m’effrayaient. Il paraît que, sans pouvoir le prouver, la phrase appartiendrait d’ailleurs à Napoléon! «Laissez donc la Chine dormir, car lorsque la Chine s’éveillera le monde entier tremblera. »
Ajoute à cela Dutronc qui chantait 700 millions de chinois (60 ans plus tard, ils sont 1,41 milliard soit 16 fois plus) et on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Car la Chine est désormais éveillée, voire même noctambule et somnambule, hypnotisée par la travail et la réussite.
Voilà deux heures que je suis en Chine, invité en solo par CFMoto, et je crois qu’il y a longtemps que je n’ai pas ouvert si grand mes yeux et les oreilles … à la découverte d’un pays, d’une culture qui me semblent si lointains et même étrangers.
Je fais vite sur mon stop à Beijing ou il faut scanner son passeport pour avoir accès au wifi afin de pouvoir ensuite remplir en ligne le formulaire d’entrée en Chine. Je fais vite parce qu’ici, tout va vite. Et même très vite. On est loin des immenses file d’attente aux services d’immigration avec l’angoisse de rater la prochaine correspondance.
Non, je fais vite pour t’emmener à Hanghzou, 2.000 kilomètres plus au sud. Une petite bourgade tranquille de … 8 millions d’habitants. C’est là que la célèbre société Alibaba (géant du Ecommerce et de l’IA) y a son siège. Un campus de 980.000 m2) un terrain de foot au standard FIFa. C’est aussi là que la marque CFMoto y a son siège ainsi qu’une de ses usines.
À peine sortie de l’avion, je tombe sur un robot qui effectue une étrange danse à l’entrée d’un des nombreux commerces de luxe de l’aérogare. Sans délai aucun, mes deux bagages tombent sur le tapis roulant.
Je charge pour filer à la rencontre de Slim à la sortie des douanes. Slim est Product Marketing Manager. Il me servira de guide pour tout mon séjour. Ce chinois de 46 ans m’accueille avec un immense sourire et me donne en deux minutes les clés pour s’adapter à ce pays. Simple: t’achètes une carte Sim chinoise (toujours sous le contrôle de ton passeport) et tu télécharges Alipay bien plus efficace que ta pauvre carte bleue pour tes achats, WeChat pour rester en contact avec tout le monde et enfin Amap pour te servir de GPS. Voilà t’es devenu chinois !
Alors oui mais Insta, Facebook, Gmail etc… ?!? Bah interdits par le gouvernement. Avec un grand G quand tu le prononces mais finalement un petit g lorsqu’il s’agit de le « contourner ». Un abonnement VPN connecté sur un serveur japonais ultra rapide et hop l’affaire est jouée. Oui parce que malgré les interdictions, le pays a plus que jamais besoin de rester en contact avec le monde extérieur.
Sur l’autoroute qui nous mène vers l’hôtel, on file dans une immense berline (c’était plus pratique pour pouvoir discuter à deux sur les places arrières). Les kilomètres passent sans que s’interrompe l’horizon fait de gratte ciels. Impressionnant même si Hanghzou est également surnommée « paradis sur terre » avec son immense lac de l’ouest classé à l’Unesco et son passé historique (cilrue du thé, de la soie).
J’apprends que les plaques d’immatriculation vertes sont celles des véhicules hybrides ou électriques et constate qu’elles y sont majoritaires. Si le chiffre 13 est porte malheur chez nous, ici c’est le 14. Et le chiffre 8 ? Il vaut de l’or. Ici, les plaques d’immatriculation comportant un maximum de chiffre 8 s’achètent des fortunes entre particuliers car c’est signe de … chance ? Non de prospérité économique !
Mon hôtel approche, le Crowne Plaza. Un passeport et quelques robots nettoyeurs de couloirs évités plus tard, on file au restaurant pour y rencontrer Hannah et Vivian.
Dans un petit salon cosy, on nous sert une cuisine raffinée mais typique de la Chine en me demandant si j’aime. Le tout accompagné d’une sorte de vin chaud et d’un autre vin qui me fait fortement penser à un Xérès de par son âpreté. Chaque verre est accompagné d’un immense « cheers » et d’un éclat de rire.
La parole se libère assez facilement. Autour de l’avenir de la moto, de la progression des marques chinoises en Europe, de la peur du géant et du « gâteau » moto qui ne grandit pas mais que les japonais et autres acteurs européens et américains vont devoir partager. Les chinois ont fait leur révolution technologique, la fiabilité et le mode de distribution semblent être désormais au rendez-vous. Reste plus qu’à travailler le story telling. Je leur dis que, par exemple, rien ne remplacera jamais le nom de Tenere sur le marché français. Que cette histoire là n’est pas copiable. Ils me répondent qu’ils le savent et que: « c’est pour ça que tu es là. Grâce à toi, Lolo (flatterie ou réalité je n’en sais rien) on a compris qu’on ne devait pas seulement faire visiter nos usines mais aussi faire découvrir notre culture et nos plus beaux paysages. » Ils sont forts ces Chinois. Je reste modéré sur le vin pour garder le contrôle d’une soirée très agréable loin des poncifs cultivés sur les chinois. Je te laisse dans quelques heures, j’ai rendez-vous avec les dirigeants de CfMoto pour approfondir encore le sujet !

















Mon lolo 700⁶ * 16 ça ferait trop je crois pour notre planète … 2 fois me suffit pour arriver à 1.4⁹ ;-)