Le Laos – 3.000 km moto off road en famille – épisode 3

Pavilion Pha Leuang & Bungalows ➡️ Muang Fuang

129,78 km en 6h14

Ascension: 1394 mètres

On avait dit prêts à 8h30. Bon … le paysage fabuleux, le petit dej délicieux, une longue parlotte avec le proprio de ce lieu magique (un suisse allemand installé ici depuis 20 ans) et sans doute une piste dont on ne connaît pas vraiment l’état, nous poussent à snober le temps qui s’écoule doucement. 9h30, on active enfin les démarreurs, sous l’œil d’un éléphant censé tenter le chaland pour un petit ride. Non merci.

La piste se love au fond d’une magnifique vallée entourée de pains de sucre plantés comme d’immenses menhirs au milieu des rizières. La piste est ultra boueuse, nos trains avant hasardeux. Disons que nos motos décident des trajectoires et que nous ne sommes jamais que les infortunés passagers de ces capricieuses embarcations. Tiens, et si je tentais les bords plutôt que les ornières? Malheureux (à lire en roulant les « R » avec l’accent berrichon).

Je me tanque jusqu’au sabot, ce qui fait marrer un couple de Lao à bord d’une « remorque tracteur ». Mais tout aussitôt, le type me propose son aide. Il se met derrière ma moto, pile dans l’alignement de la roue arrière. Plein de bonne volonté et d’entrain. Je lui explique que non, que son costume va changer de couleur. Que ma moto, c’est plus puissant qu’une Honda Wave 100 d’ici.

Que ma moto, c’est quand même une 450 où sont cachés quelques puissants buffles de rizière prêts à le décorer à la première accélération. Il insiste. Bon ben d’accord alors … Première, gaz, grand coup d’embrayoir et … la boue traçât (vomit ?gerbât ?) une épaisse bande marron toutefois harmonieusement repartie sur toute la partie droite du costume de mon nouvel mais déjà, et sans doute, ancien ami. De la tête au pied. J’ai eu envie de rire mais c’était pas le moment.

J’ai sorti une sangle pour l’accrocher à son tracteur et sortir ma moto de ce piège. Seulement voilà, le temps de lancer le moteur, de retourner à l’avant de la remorque pour maintenir du gaz puis de tenter d’embrayer, ça manquait un peu de coordination. Un autre tracteur est arrivé avec une bonne dizaine de Lao dessus. L’union faisant la force, en dix secondes et avec l’aide de Sam, ma moto était de nouveau au centre de la patinoire. Enfin je veux dire la piste.

On a remercié tout ce petit monde, je me suis platement excusé auprès du gars pour son costume qui m’a fait signe que c’était vraiment rien (alors que non, c’était vraiment ignoble) et on est reparti jusqu’au prochain village. Là s’est posée une importante question. La piste de séparait en deux. À droite, un bon 25 kilomètres, soit largement plus d’une heure trente pour rejoindre la route. À gauche, un raccourci qui file vers Pau Vang et nous ferait gagner 15 kilomètres mais … avec un fleuve à traverser sur une hypothétique sorte de barge.

Ça méritait réflexion. Alors on s’est posés dans le petit village au pied de cette option, pour un « coca bananes. »dans une de ces nombreuses épiceries locale. Oui nous n’avions rien mangé depuis ce matin et manger, ça aide à être plus lucide. On a posé plein de questions pour savoir si cette foutue barge serait, ou non, bien présente au bout de la piste. Impossible d’obtenir une réponse claire et unique. Faut dire qu’avec les pluies du moment, il est largement possible que le « service » s’interrompe sans préavis.

Un peu fatigués, nous finissons par opter pour la sécurité et les 25 kilomètres pour rejoindre la route. Faire demi tour au pied du fleuve nous aurait tué le moral. La route qui rejoint notre point d’arrivée est plutôt agréable et nous prenons même le temps de faire un stop au Sinxay Temple. Il faut dire qu’en passant à Non Hin Hae (district de Muang Feuang) tu ne vois que lui.

Niché au cœur de montagnes verdoyantes et de forêts paisibles près de la rivière Lik, le site compte 1 200 à 1 250 images dorées de Bouddha disposées le long des collines et des espaces environnants. On y trouve même une impressionnante structure dorée de serpent Naga blanc mesurant 186 mètres de long, l’une des plus grandes du pays. Un lieu de prières quotidienne et de célébrations des grandes fêtes bouddhistes.

Marie va d’ailleurs se faire « kidnapper » une bonne demie heure par deux vieilles Lao qui tiennent à l’initier au Darma, soit « la loi cosmique » désignant l’ordre naturel de l’univers, la justice, le devoir moral et la bonne conduite que chacun doit suivre pour vivre en harmonie. Pour nous, visiblement, c’était sans doute et déjà trop tard !!!

Fin de journée, nous débarquons à Green View du côté de Muang Fuang au bord d’un immense lac. L’endroit est certainement très beau à la saison sèche mais avec la mousson, l’eau est plutôt marronâtre et le lac pas vraiment rempli. Autour de Muang Fuang, il y a, parait-il pas mal d’activités: tyrolienne, blue lagon, grottes … mais ce n’est pas vraiment ce qu’on cherche. On devait rester deux nuits mais ce ne sera finalement qu’une. Besoin d’autre chose ou sorte d’insatisfaits permanents? J’ai du mal à te dire. Un mélange de bougeotte et de casse couilles mais ça nous va alors …

LE LAOS EN FAMILLE – EP 3 – LES PHOTOS

Par |Publié le : 27 août 2026|0 Commentaire|

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