
Le Laos – 3.000 km moto off road en famille – épisode 5
Kao Niaw Farmstay ➡️ Namkat Yorlapa
248 km en 9h00
Ascension: 3893 mètres
Nous quittons à regret Kao Niaw Farmstay. Le côté aléatoire du paiement par carte bleue (ou des connexions internet) nous oblige à passer par Luang Prabang pour payer à l’agence dans cette grande ville. À ce sujet, les retraits en cash aux distributeurs sont tout aussi aléatoires avec quand même le plus souvent un échec. Petit conseil, préférer les distributeurs BFL (banque franco laotienne) où j’ai connu 100% de réussite avec quand même des retraits limités à 1,5 millions de kip (57 euros).
Direction Pak Ou pour traverser le Mékong puis Laathan pour rejoindre la piste et filer plein nord vers Oudomxai avec 125 kilomètres de piste, soit à priori environ 8 heures trente de trajet. La piste est vraiment curieuse. Parfois facile, roulante et large avec des traces de 4×4, parfois étroite pleine de cailloux avec des montées et descentes plus techniques et semblant complètement abandonnées.
Comme s’il existait des raccourcis ailleurs que n’aurions pas su deviner. Il pleut presque sans discontinuer, nous sommes trempés jusqu’aux os mais ça reste agréable de traverser tous ces petits villages plein de vie. Notre destination, Yorlapa Resort est un hôtel assez cossu tenu depuis dix ans par une français qui a connu un petit coup de chaud la vieille.
Un typhon sévit a l’ouest du pays à la frontière chinoise et arrose copieusement le Laos. Un canal d’informations auquel Marie s’est abonné (The Laotien Times) reporte de nombreuses rivières qui gonflent subitement et des glissements de terrains, invitant les Lao habitant les parties basses à la plus grande prudence. Ici (pourtant bien plus à l’est), la rivière qui longe ce petit paradis a brusquement gonflé hier, obligeant à réveiller tous les clients vers 4 heures du matin pour les diriger vers des bungalows plus sûrs ! Le patron nous montre d’impressionnantes vidéos de ce torrent de boue.
Située à une dizaine de kilomètres, la ville d’Udomxay ne semble par présenter d’intérêt particulier pour les guides touristiques. On se laisse quand même tenter. J’ai besoin de vis pour refixer les pare carters et Marie de pommade pour soigner les micoses (désolé) qui envahissent ses doigts de pieds après plusieurs jours passés dans nos bottes humides.
Sur la gauche, un petit garage moto attire notre œil. On s’arrête. L’échoppe jouxte un magasin de lingerie fine où une future mariée enceinte fait des essais. L’ensemble appartient à un couple qui possède également un singe en cage :-(
On fait choux blanc sur ma recherche. Direction une autre échoppe où le type va retourner tout son stock de vieille quincaillerie pour me trouver une vis au diamètre et au pas similaires. J’abandonne vite l’idée de trouver une tête BTR au profit des uniques têtes hexagonales qui semblent équiper l’intégralité des mobs ici.
D’un coup, hyper fier, le patron se redresse du fond de son échoppe et me présente LA vis idéale. Il aligne pare carter et sabot et enquille la vis chérie que je devine légèrement de travers. Le type a un peu de mal à serrer, il se retourne saisit la visseuse à choc et serre le tout à force. J’ai pas eu le temps de dire non, que le pas de vis est forcément foiré … je redémonte tout pour tenter de nettoyer le pas de vis avec une autre vis neuve. Ouch, la mécanique se fait visiblement au marteau et au burin ici. Je ne lui en veux pas.
On monte visiter le temple où un novice moine bouddhiste nous assaille de questions en anglais: « Comment t’appelles-tu ? D’où viens tu ? Que fais-tu ? Qu’as-tu mangé ce midi ? ». On dirait qu’il a bouffé une méthode Assimil pour apprendre l’anglais et qu’il est en train de nous la recracher. En fait, ces questions témoignent surtout d’une profonde envie de … se sortir de là! J’apprendrais qu’il souhaite devenir professeur d’anglais en Nouvelle Zélande ! J’ai pas osé lui briser son rêve avec tout ce monde qui parle déjà et plutôt bien anglais en Nouvelle Zélande. Faut pas briser les rêves des gens !
















