Le Laos – 3.000 km moto off road en famille – épisode 11

Muang Mo ➡️ Nakai

384 km en 11h25

Ascension: 7.035 m

Bon, la nuit à la guest House n’a pas été simple. On s’est un peu battus avec des cafards un poil effrontés puisqu’ils nous couraient sur le corps … enfin plutôt sur les jambes de Marie qui s’est levée en sursaut sur le lit en criant: « y’a une bête dans le lit ». J’avoue que parfois, dans ce genre de road trip, au bout de quelques jours, je peux ressembler à une bête! Mais là, c’était pas moi. Et j’avoue aussi, que si j’aime bien les bêtes globalement, le cafard je lui ai éclaté sa tronche à grand coup de botte Alpinestars Tech 10 enduro taille 41. Raide le cafard !

Pourtant et curieusement, au petit matin il n’était plus là ?!? Bouffé par un rat ? Transporté par ses congénères pour une sépulture digne … nous ne le saurons jamais. Cruel mystère!  On décide de ne pas prendre de petit déjeuner et de filer sur la longue route qui nous attend.

On s’enquille 20 kilomètres de bitume défoncé sur une route de montagne qui d’un coup se transforme en un ruban nickel ! Pas normal ça … ici quand quelque chose vient à s’améliorer, sache que c’est pas normal. C’est suspect voire même louche. Du coup, au kilomètre 47, cette « autoroute » débouche sur … rien. Mais vraiment rien de rien. Le vide. Enfin presque! Un bled avec 20 cahutes, un carrefour, une piste à droite, une à gauche, une en face. Aucune indication, ça serait trop con. Les emmerdes commencent, voire recommencent ou continuent, je te laisse choisir !

On tire tout droit ! La piste est défoncée et grimpe sévèrement. Avec Marie derrière et le poids des bagages, la tenue de route est hasardeuse. L’avant rebondit sur d’énormes pierres, l’arrière perd le grip. La pluie incessante crée carrément des petits torrents  dans ce chemin. Ne pas se décourager. Plusieurs fois, Marie est contrainte de descendre de la moto lors des passages trop techniques. Comme la curieuse et étrange impression d’avoir déjà vécu ça non ?

La sensation de nous enferrer à nouveau dans un cul de sac ou au mieux (au pire?) un truc sans retour possible. Kilomètre 7, la piste m’a épuisée et ne s’améliore pas. Que faire ? Continuer ? Faire demi tour? Difficile d’avoir les idées claires car je n’ai plus de réseau donc impossible de savoir combien de kilomètres il nous reste avant de rejoindre une hypothétique route ou … de butter sur un pont cassé ou une rivière en crue. C’est bien. Finalement, ce pays nous apprend à accepter l’échec, la résilience. Ok, soit ! On fait demi tour pour refaire la piste en sens inverse et retourner vers un bled plus présentable avec un carrefour principal. Direction Tasi. Enfin c’est ce que m’indique mon gps car ici les rares panneaux indicateurs sont incompréhensibles.

Il faut savoir que l’alphabet lao moderne dérive des anciennes écritures indiennes (notamment le brahma) via le khmer et le môn, et intègre de nombreux mots et règles d’écriture du sanskrit et du pali, en particulier pour le vocabulaire religieux, royal et savant. Je te dis pas le bordel à déchiffrer. Plus marrant (quoi que) les rares indications que nous trouvons en anglais sont pour nous souhaiter « bonne route » lorsque nous quittons une province. Génial, utile, pratique, tout quoi !

Franchement, au Laos, vous avez de la chance (à lire au second degré hein) d’avoir un si beau pays. Car la suite de la journée est juste incroyable. Certes, nous prenons des tonnes d’eau sur la tronche mais les paysages karstiques (ces montagnes calcaires ciselées comme des pains de sucre) noyés dans les nuages ainsi que la route qui traverse l’immense retenue d’eau avant d’arriver à Nakaï sont incroyables.

19h30, nous débarquons à Nakai à la guest House de Mr Jim. Mr Jim n’est pas là. Tout semble à l’abandon. Des quads fracassés, un jet ski qui n’a pas jetskié depuis longtemps et ne jetskiera sans doute plus jamais. Des petites nanas, certes gentilles, mais plus affairées sur leur portable que par notre venue  nous « accueillent ». On bouffe rapide et on se couche ! Là, j’espère que t’as bien senti que le moral était en train de chuter et qu’il allait falloir à un moment une journée un peu plus « douce » pour remonter la pente ! Demain ? Si Dieu le veut ou plutôt « ສົມພອນ » (Som phone) comme on dit ici, soit « que ce souhait se réalise! »

LE LAOS EN FAMILLE – EP 11 – LES PHOTOS

Par |Publié le : 10 septembre 2026|0 Commentaire|

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