Le Laos – 3.000 km moto off road en famille – épisode 6

Namkat Yorlapa ➡️ Nhong Kiau

132 km en 5h10

Ascension totale: 2.034 mètres

Aujourd’hui Namkat Yorlapa – Nong Kiau 130 kilomètres. Seulement ? Oui mais n’oublie pas les temps de parcours. D’autant que des rumeurs font état d’une route coupée pendant quelques heures … sans doute pour réparer un glissement de terrain. On ne stresse pas, ici ça ne sert à rien. D’autant qu’au début la route est particulièrement belle, sinueuse et agréable. Bon, y’a bien deux ou trois menhirs de bitume (je n’exagère pas) qui sont sortis du sol et se dressent à la verticale mais ça fait partie du test permanent de tes réflexes au guidon. Y’a aussi les 38 tonnes surchargés qui tentent de grimper les côtes en première.

En revanche, en descente, ils essaient de se doubler les uns les autres. Et c’est bien la première fois que j’observe ici un comportement routier plus que limite. On va ainsi suivre un camion immatriculé en Chine qui va rester voie de gauche pendant presque un kilomètre pour en doubler deux autres. Le tout à l’aveugle dans la quasi totalité des virages même serrés. Pourtant aujourd’hui ce n’est pas vraiment ça qui me préoccupe ou plutôt ce qui attire mon œil.

Cette route, la 1C, sert de parc à jeu pour les enfants. Oui de parc à jeu. Tu connais cette phrase lorsque, en fin de journée, tes gosses t’ont bien saoulé et qui dit: « allez jouer sur l’autoroute ». Bah là, dès leur deux ans, ils jouent vraiment sur cette route pourtant dangereuse et infernale. Ils jouent avec des cailloux, du sable, de la boue, une canette de pepsi (plus populaire que le Coca ici) avec des camions pousseurs, sans jamais se préoccuper des monstres roulants qui les entourent. Bouddha doit avoir un boulot de fou ici pour tous les protéger !!! Ça donne vraiment des scènes incroyables que j’ai envie de filmer mais ça manquerait de naturel.

Pourtant, 50 kilomètres avant l’arrivée, sur la droite de la route, j’aperçois une dizaine de gamins juchés sur un side car raccordé à une mob pourrie. Ils tournent en rond sur une esplanade, conduits par une gamine de dix ans, morte de rire. On s’arrête, ils nous disent bonjour de la main. On tire les casques et je sors mon traducteur français Laos. Je m’adresse à la gamine qui pilote: « dis, tu m’emmènerais faire un tour dans ton side car, j’en rêve depuis que je suis arrivé au Laos? ». C’est la plus stricte vérité.

La gamine lit la phrase à la vitesse de l’éclair et acquiesce. Alors en route. Sauf que le bouzin se démarre au kick et qu’il doit faire de l’emphysème. Je tente ma chance pour aider mais ma botte est bien trop grosse pour passer entre la mob et le side. Je descends du mouton à trois pattes, file à gauche pour passer la première et passe à l’arrière pour un démarrage poussette avec tout le monde à bord de ce Samlo (ça veut dire trois roues ici).

Le tousseux finit par hoqueter puis démarrer et je saute à bord pour réaliser qu’on est quand même six sur cet engin de malheur conduit à tombeau ouvert par une gamine de 10 ans sur la route 1C qui pourrait figurer dans un épisode des routes de l’enfer. J’ai beau dire à la gamine que c’est pas top sur la route, pas vraiment raisonnable, elle s’en fout.

Elle roule et met du gaz, en descente les cheveux dans le vent et le vent dans les cheveux! Tous sont morts de rire. Au village, on fait demi tour pour retourner en priant (je dois bien être le seul dans cette histoire) pour qu’aucun 4×4 ni camion ne vienne. On retourne au point de départ. Muni de mon traducteur, je la déclare « championne de Side car ». Elle se marre. Tous ont un incroyable sourire, plein d’innocence, sans aucune arrière pensée envers nous, étrangers.

Je fais monter tout le monde sur la CFMoto MT450 et on fait la photos. Plus qu’ailleurs, le deux roues est ici, un véritable engin de déplacement, de communication et de partage. Sam démarre sa moto, tous les gamins se regroupent derrière l’échappement, une main devant celui lui. Il met quelques coups de gaz, tous sont impressionnés.

C’est là que je comprends que la puissance d’une moto ne se mesure pas à sa fiche technique ni à un bête chiffre mais … au souffle dégagé par son échappement. Et là, pour eux, ça claque fort. Faut dire que des trucs qui ont de la compression, j’en ai pas vu des tonnes ici. Le Honda Wave 100S a beau être idéal ici et prisé par tous, c’est pas non plus une bête de guerre. Le visage illuminé par nos sourires respectifs, on se quitte en se marrant. Ca fait notre journée. On file sur Nhong Kiaw. 

LE LAOS EN FAMILLE – EP 6 – LES PHOTOS

Par |Publié le : 1 septembre 2026|0 Commentaire|

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