
Le Laos – 3.000 km moto off road en famille – épisode 13
Pakxe ➡️ Paksong
185 km en 5h11
Ascension totale: 842 mètres
Pakxe – Paksong, y’a quoi ? 49 kilomètres! Cool ça va aller vite ! On en a fait 172. Me demande pas comment, ni pourquoi. Je crois, qu’un peu au nord, y’avait une jolie cascade à voir. C’était le cas. Elle était jolie, Et puis une fois sur cette route, bah autant rejoindre cette piste (là sur la cartographie) qui coupe à travers les rizières. Sauf qu’elle passe pas alors on a fait un grand tour. C’était vraiment joli.
Curieusement y’avait plus de side-cars que d’habitude sur les routes. Et c’est fou mais je ne me lasse pas des sourires des enfants juchés sur tous ces engins improbables. En revanche, Paksong est un bled sans intérêt mais il est au cœur du plateau des Bolovens.
Les Bolovens, c’est là qu’il faut venir pour visiter les plantations de thé, de café, voir de magnifiques cascades et bénéficier d’une température clémente lors de la saison sèche ! Dommage on est en pleine mousson. On en a pris notre partie. On sait que dès qu’on met le nez dehors on va rentrer trempés mais … on aura vu le Laos à une saison juste incroyable où est vert, où les rizières débordent, où les gens pêchent partout où ils le peuvent, où les pistes sont d’une difficulté sans égal. Alors , malgré la pluie, avec le sourire, on est quand même allé voir le CC 1971 Cafe.
Le bâtiment en béton était à l’origine les bureaux administratifs et la centrale électrique locale de la Lao Electricity Authority. Au début des années 1970, le plateau est devenu le théâtre d’intenses combats opposant les forces nationalistes et le mouvement communiste du Pathet Lao, soutenus par d’effroyables campagnes de bombardements intensifs de l’armée américaine. En 1971, la centrale est touchée de plein fouet par les bombes, laissant le bâtiment partiellement détruit et criblé d’éclats.
Pendant des décennies, cette structure grise est restée à l’abandon, la nature reprenant ses droits sur le béton. Plutôt que de raser ce symbole douloureux du passé, un entrepreneur laotien, Sornchai Daddara s’est associé à une coopérative de petits producteurs de café locaux.
Ensemble, ils ont transformé ces ruines de guerre en un lieu de mémoire, de résilience et de partage économique. Ils l’ont baptisé CC 1971 en référence à l’année fatidique où le bâtiment a été bombardé. D’ailleurs il faisait nuit lors de notre visite et le café était fermé. Le frisson qui nous a traversé l’échine à ce moment là, fut encore plus intense.
Comme on était toujours trempés, on a poursuivi quelques kilomètres de plus vers un resto indiqué comme convenable sur le guide du Froussard. Ouais. Bof. Pas grave … on est rentrés … sous la pluie à notre hôtel. Le lendemain on avait rendez vous. Rendez-vous au kilomètre 40. Chez un couple franco lao qui cultive café, thé, cacaoyer et est en train d’installer pour la saison sèche, d’adorables chambres d’hôtes. Ils nous ont accueilli comme des princes. Y’avait des crêpes. Des crêpes, t’imagines… Nan je pense que t’imagines même pas. J’adore le sticky rice, la noodle soup, le laap de ce que tu veux, le chicken curry mais p…. des crêpes quoi.
Bon Jerome et Noy, c’est pas que des crêpes non plus ! C’est aussi un jardin immense rempli d’espèces d’arbres, de fruits, d’essences incroyables au point de te faire passer pour un véritable ignare ! J’assume. Je n’ai marqué qu’un seul point au moment de reconnaître, en la mâchant, la feuille de la réglisse. Pour le reste hein. J’ai appris quand même que le thé rouge ou noir provenaient en fait de la même plante et de la même feuille: le Camellia sinencis. Seul leur processus de transformation et d’oxydation est différent. Le thé de Jerome et Noy a déjà été primé au Laos. J’ai aussi fait la différence entre arabica et robusta.
Et puis, avec Marie on a goûté au « miracle fruit ». Tu déposes un zeste de citron vert hyper amer sur le bout de ta langue puis tu manges la pulpe du magic fruit. T’attends une minute, tu croques à pleine dents dans le citron vert qui a désormais un goût ultra sucré. Magique non ? T’oublies pas hein, km40, sur la route qui va de Pakse à Paksong. Un petit chemin à gauche juste après avoir tourné sur la route qui mène aux chutes de Tad Gneuang!
















