
Le Laos – 3.000 km moto off road en famille – épisode 14 et fin
Paksong ➡️ Don Khong ➡️ Wat Phou ➡️ Pakxe
400 km en 5h11 + 9h59
Ascension totale: 1809 mètres
Bon les Bolovens, c’est super beau mais en cette saison ça caille un peu et il flotte souvent. Alors on est redescendu plein sud. À Don Khon, un petite île en plein milieu du Mékong, là où il est le plus large: 10 kilomètres. Si c’est possible. Je ne vais pas te mentir ni te vendre une ornière incroyable de plus car Don Khon fait partie des 4.000 îles. Un lieu touristique pour poser ses valises avec des resorts et ne (presque) plus rien faire. Les 4.000 îles, c’est un peu comme si tu débarquais à Bali après avoir traversé par les pistes la sauvage île de Java.
Arrivé à Nakasong, tu montes ta moto sur une meute barge faite de deux pirogues reliées entre elles et tu pries pour que les moteurs du truc ne tombent pas en rade car le Mékong est en ce moment à sa cote d’alerte maxi avec un débit vraiment impressionnant ! Puis tu débarques sur l’île de Don Det face à une épicerie qui vend toutes les cochonneries que tu trouves habituellement dans les stations services d’autoroute.
Des chips Lays, des bonbons, du chocolat, du coca. Ça sent le tourisme à plein nez! Enfin, tu circules sur une étroite allée en béton qui serpente entre chambre d’hôtes, restos et bar. Au sud de l’île, 3 kilomètres plus loin, t’attend le pont français qui te fera franchir un bras du Mékong pour atterrir sur l’île de Don Khong où se trouve notre hôtel. Tout est super mignon, arrangé, travaillé.
Comme on ne tient jamais en place, on est allés voir l’ancienne voie de chemin de fer construite par les Français et qui était censée permettre de décharger tous les bateaux remontant le Mékong au sud de l’île pour en recharger d’autres au nord et éviter ainsi les puissants et dangereux rapides qui bordent l’île. Avec l’amélioration des routes et en raison de la navigabilité très variable du Mékong, le projet a été abandonné. Subsistent une vieille locomotive et le port de débarquement. On est aussi allés voir ces fameux rapide de Khone Pa Soy. Sur une largeur impressionnante le Mékong y est bouillonnant, terriblement dangereux. Deux immenses nasses à poissons y sont pourtant immergées en son milieu.
Ok mais qui oserait aller y relever du poisson? Bah ce gars, là, qui nage et se débat comme un diable au milieu de cet enfer. Non mais j’hallucine. La pêche est miraculeuse mais à quel prix ? Et puis il y a aussi cette pirogue qui remonte le courant avec trois types à bord et qui accostent un minuscule rocher, plongent dans les rapides en s’accrochant à des filins qui relient d’autres rochers !!! J’hallucine vraiment… pendant que Marie se bat avec un crapaud qui s’était glissé depuis ce matin en passager clandestin dans sa chaussure gauche.
Don Khon nous a fait du bien. Piscine, farniente, apéro, bonne bouffe sans jamais regretter ce que nous venions de traverser. En sortant de Don Khon, on est quand même allé voir le vat Phou, littéralement « temple de la montagne », un temple monumental de l’art khmer qui nous a scotchés ! Puis on est rentrés sur Pakxe, terminus de Road trip.
J’ai béquillé la CFMoto MT450 qui venait d’abattre 3.000 kilomètres dans des conditions dantesques chargée de nous deux avec Marie et de 65 kilos de bagages, outils et pièces de rechange inutiles, sans presque aucun emmerde. Si ce ne sont les vis de crash bars qui se sont barrées et celles de repose pieds (de l’after Market montés dessus pas les origines). Des défauts ? Oui. L’amortisseur arrière ainsi chargé et malgré des réglages mériterait d’être un peu plus ferme. Et surtout la selle. Et les deux sous de fourche qui ont dégagé mais dans ces conditions comment le leur reprocher ? Tout comme la 1000 que j’ai pu essayer en Chine, c’est un bout de bois.
Pour le reste, ce « petit » bicylindre de 449 cm3 et 42 chevaux m’a vraiment impressionné. Je n’ai jamais eu l’impression d’être sur une petite moto sous motorisée. En montagne, sur le 3eme rapport, le moteur reprend à 3.000 tours/minutes et tracte avec force pour grogner encore plus à l’approche des 5.000 avec un joli caractère ! Le châssis est joueur et facile. Un sacré numéro cette MT450!
Tu sais quoi, la MT450, elle me fait penser au Kubota RD140N. Pas un gros truc. Un monocylindre diesel de 14 chevaux avec lequel les Lao font absolument tout. Motorisant les Tok Tok, ces motoculteurs locaux qui servent autant à travailler dans les rizières qu’à transporter tout le village sur les pistes difficiles du pays. Servant même de pompage pour irriguer les cultures en saison sèche grâce à un couplage par courroie.
Pourtant, j’en ai lu des râleurs et des donneurs de bons conseils en commentaires. « Pourquoi avec une telle enclume? ». Et j’en fais quoi moi, à deux, en autonomie complète de vos poutrelles enduro ? « Pourquoi à la saison des pluies, vous vous êtes renseignés avant ? ». Bah, ça peut paraître incroyable mais oui on s’est renseignés et on a choisi cette saison exprès. Parce le Laos pendant la mousson, c’est unique, incroyablement vert et différent et plein de surprises et d’aventures. On m’avait dit que le Laos est sauvage, je confirme. Sauvage, zen, magnifique. J’y retournerai, c’est sûr. D’ailleurs, si l’envie te dit d’y aller, j’ai rencontré là-bas un mec vraiment bien: Thierry. Thierry, il connaît le Laos comme sa poche, il est plein d’humour et de tranquillité et il te proposera l’une de ses boucles guidées au Laos à bord de ses MT450 ou de ses Royal Enfiel. ROYAL RIDE LAOS CIRCUITS GUIDES AU LAOS
















